Pour l’exposition Otherworldly du Museum of Arts and Design (New York, 2011), Gregory Euclide a installé un paysage peint dans un cadre doré, dont l’eau et la matière se répandent sur le sol de la galerie. Un tableau d’abord peint, puis prolongé par des dioramas faits de déchets.

Il y a une convention tacite dans l’art pictural : le cadre fixe la frontière de l’œuvre. Chez Gregory Euclide, elle est franchie.
Pour Otherworldly: Optical Delusions and Small Realities, exposition consacrée au diorama contemporain au Museum of Arts and Design de New York (7 juin – 18 septembre 2011), l’artiste américain a créé une installation conçue pour le lieu : Held within what hung open and made to lie without escape. Un paysage peint de 7 × 5 pieds, dans un cadre doré, se prolonge sur le sol de la galerie par plusieurs dioramas. Sur la toile, l’eau semble tomber dans l’espace du spectateur.
L’œuvre tient à ses matériaux. Acrylique et mastic acrylique y côtoient du papier moulé sur des rochers de Central Park, de la résine Eurocast, de la mousse, de la fougère, du sedum, du hosta et du solidage. Viennent ensuite des éléments plus triviaux : éponge, engrais pour pelouse, plastique PETG. Les herbes sont faites de colle, de peinture et de cheveux humains. Les déchets ont été ramassés lors de promenades dans un parc, et chaque bouteille plastique découpée forme un petit monde à l’intérieur de l’œuvre.
Cette confrontation entre matière organique et matériaux fabriqués revient dans toute sa démarche. Même une scène pastorale, rappelle-t-il, porte la trace de la main humaine.
Gregory Euclide a aussi signé la pochette de Bon Iver, Bon Iver (2011), album récompensé aux Grammy 2012.








